Retrouvailles avec Shelby Turner

Retrouvailles avec Shelby Turner

24 novembre 2017

par Dawn McClintock  Photos par mjsotophotos L'année 2017 a été exceptionnelle pour Shelby Turner, originaire de l'Alberta, qui a conquis le monde de la moto et du tout-terrain. Elle a décroché la première place aux Championnats canadiens féminins, représenté le Canada à l'ISDE annuel en France où elle a remporté une nouvelle médaille d'or, et remporté son deuxième championnat consécutif en endurocross féminin. Sans oublier ses podiums dans les catégories masculines d'endurocross, une première historique pour une femme. On a rencontré Shelby après une longue saison de compétition. De retour au boulot, elle se prépare déjà pour la saison prochaine. Salut Shelby, félicitations pour ta grande victoire à la série EnduroCross ! Merci. Comment cette année s'est-elle comparée à l'an dernier ? Avez-vous trouvé que la compétition s'était intensifiée cette année ? Oui, je pense aussi. On avait Kacy Martinez et Tarah Gieger. Je trouve que cette année, la compétition était plus forte, mais on reste peu nombreux. J'espère que ça va s'améliorer dans les trois prochaines années. Qu'avez-vous pensé du tracé du parcours ? Y a-t-il eu des rondes plus difficiles que d'autres ? Non, dans l'ensemble, cette année était assez similaire. Finalement, les deux dernières manches étaient un peu plus difficiles. Elles manquaient de fluidité. Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé les circuits, les tracés et tout le reste géniaux. Il y avait vraiment de très bons circuits. Lors de certaines manches, on pouvait vraiment se lâcher. Je dirais que les circuits étaient plus faciles, mais ça restait difficile. On y allait et il y avait toujours plein de pièges et de compétiteurs à doubler. C'était vraiment très amusant. Lors d'une manche, votre vélo a été écrasé par un engin de chantier. Qu'est-ce qui s'est passé ? Bon, c'était de ma faute. On était dehors et il faisait froid, alors tout le monde s'est dirigé vers la porte. J'ai stationné ma moto derrière le camion, avec quatre autres motos, mais elles étaient stationnées sur le côté. J'ai mis la mienne derrière parce que le stationnement était plein et j'y suis resté toute la journée. Tout le monde a fait pareil. On est allés au stade pendant cinq minutes et on a réalisé qu'ils nous appelaient à la sortie, alors on est ressortis. Un gars regardait ma moto et mon père lui a demandé : « Qu'est-ce que tu fais ? » Il a répondu : « Je crois que cette moto s'est fait écraser. » J'ai demandé : « Par quoi ? « Le gars a dit : « Eh bien, le tracteur a bougé et elle s'est fait écraser. On a regardé le tuyau d'échappement et il était bien tordu. On l'a enlevé et j'ai voulu déplacer ma moto, mais impossible de faire tourner la roue avant. Du coup, on a paniqué parce qu'on était à la sortie et qu'il faisait nuit. On n'y voyait rien. On ne savait pas ce qui s'était passé, alors on a échappé ma moto. On ne pouvait pas rouler. Impossible de faire tourner la roue avant, alors on est descendus en courant. J'ai couru jusqu'à la piste et Kevin (Dupuis) ​​roulait justement à ce moment-là, car notre course était juste après la sienne. On attendait quand le promoteur est venu nous voir et nous a dit : « Qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes censés être sur la grille de départ ! » J'ai répondu : « Ma moto vient d'être frappée et je ne peux pas rouler. » Ils ont demandé : « Et qu'est-ce que vous allez faire ? » J'ai dit : « Je vais prendre la moto de ce gars-là. » Ils ont dit : « Vraiment ? » et j'ai répondu : « J'ai pas vraiment le choix. » Ils ont dit : « Ok, prenez votre transpondeur et bonne chance ! » Kevin est arrivé et je lui ai dit : « Kevin, Kevin, j'ai besoin de ton vélo. » Il a dit : « Quoi ?! » J'ai demandé : « Je peux juste te l'emprunter ? » » Il a répondu : « Oui, mais je crois que j'ai voilé le disque de frein. Je crois que je n'ai plus de frein avant. » J'ai dit : « Génial ! » Alors j'ai poussé le vélo jusqu'au portail pour qu'on soit tous alignés, et bien sûr, il s'approche et il n'y a plus de frein avant. Il a dit : « On peut le réparer. « Il y avait un mécano avec une clé à molette, alors il était là, dans la file d'attente, et on redressait le disque. Il a dit : « Ok, c'est bon ! » et j'ai répondu : « D'accord. » C'était vraiment une sacrée galère. C'était la moto de quelqu'un d'autre et elle n'était pas réglée pour moi. Du coup, c'était un vrai effort pour la faire tourner. Il ne m'avait jamais dit qu'il roulait habituellement en deuxième. Alors j'ai roulé en première et j'avais les bras complètement en compote à la fin. Il m'a dit : « J'peux pas croire que t'as roulé toute la première ! Elle était super puissante ! » Je leur ai dit : « Dis-moi tout de suite ! « Bref, EnduroCross m'a bien aidé. Ils étaient vraiment désolés pour l'incident, alors ils m'ont donné un tuyau d'échappement et j'ai pensé que c'était réglé. C'était pas si grave. On a découvert que c'était juste au dernier virage. Une fois qu'on a eu le temps de regarder, c'était pas si terrible. On aurait pu rouler sans problème si on avait eu le temps. Lorsque la moto est tombée, le frein avant s'est tordu puis a dérapé, et le petit morceau de caoutchouc s'est accroché au frein, ce qui explique pourquoi la roue avant n'a pas patiné. J'ai eu ben de la chance, j'étais pas capable d'y croire, pis eux autres non plus. Tu t'es fait remarquer dans les cours des garçons cette année. Parlez-nous de cette expérience. J'ai participé aux courses masculines les années précédentes, mais cette année, mes résultats étaient tout simplement meilleurs. J'ai décroché ma toute première troisième place, et honnêtement, je ne m'en étais même pas rendu compte. J'ai pris un bon départ, j'enchaînais les tours de piste, et quand je suis sorti de la piste, je me suis dit : « Oh, il n'y a pas encore beaucoup de monde. « Et là, ils m'ont dit : « T'as fini troisième ! » J'étais vraiment content ! Ça fait trois ans que je participe aux courses masculines. C'est vraiment sympa. J'aime bien rouler avec les gars et ça me permet de passer plus de temps sur la piste. On parcourt tout le pays, et c'est agréable de faire plus d'une catégorie. Et monter sur le podium dans la catégorie masculine, c'est tout un exploit ! Ouais, c'est vraiment important. Il y a un gars du Canada, Kevin (celui à qui j'ai emprunté la moto), et des pilotes américains de très haut niveau qui courent dans cette catégorie. J'étais vraiment content de finalement monter sur le podium. J'ai même fini par battre Josh Greco, qui a terminé deuxième au championnat, mais c'est un pro du supercross. Il y a vraiment de grands noms. C'est super d'avoir finalement atteint un niveau où je peux concourir dans la catégorie des pros. Un des arbitres m'a pris à part à la fin de la soirée et m'a dit : « Je parie que tu seras le premier à accéder à la catégorie Élite. » Et moi, je me suis dit : « Oh là là ! » Vous avez aussi eu l'occasion de faire du vélo avec Cody Webb pendant votre séjour là-bas. Oui, je connais les sœurs Webb. Il a deux sœurs et je les connais assez bien. Elles m'ont dit : « Viens, viens ! » On avait deux fins de semaine de congé de suite, alors au lieu de rentrer, on est allés chez Cody, et c'était génial. J'ai roulé avec lui pendant trois jours, et Kacy Martinez était là aussi ; elle a roulé un jour. On a passé du temps ensemble. C'était super. Elles sont vraiment gentilles, et c'était vraiment cool de rouler avec lui. Alors, quel est le soutien apporté à la partie féminine du championnat EnduroCross ? Les organisateurs ne versent aucune rémunération pour le championnat féminin d'EnduroCross. Personne ne commandite la catégorie féminine. On ne touche pas d'argent à chaque manche. Les gens le croient, mais on court gratuitement. Je pense que c'est pour ça qu'il y a si peu de participantes. Depuis qu'ils ont supprimé le financement, on a perdu toutes les participantes. Avant, au moins, on recevait un peu d'argent et ça valait le coup, mais maintenant, il n'y a plus rien. On a juste droit à une tape dans le dos. J'espère que grâce à des pilotes comme moi, Kasy et Geiger, quelqu'un voudra bien nous sponsoriser. Je ne vois pas pourquoi personne ne le ferait, surtout que Kasy et Geiger sont des athlètes Red Bull. C'est un peu bizarre, mais j'espère qu'ils trouveront une solution. EnduroCross a connu des hauts et des bas depuis qu'ils ont perdu les X-Games. Plusieurs propriétaires ont racheté la discipline, qui a failli s'effondrer, avant que son propriétaire d'origine ne la reprenne et ne tente de la remettre sur les rails. Je pense que ça devrait bien se passer, car grâce à la diffusion en direct sur Internet, on peut maintenant suivre les compétitions très facilement. Vous avez accumulé les victoires toute l'année et vous venez de terminer cette série, alors quelle est la prochaine étape ? Comme l'an dernier, je suppose. Mes parents passent l'hiver à Phoenix, alors j'irai les voir un peu. Je dois travailler, donc je ne pourrai pas y être très souvent. Je ferai des allers-retours. Je veux faire quelques courses en février là-bas. Je ne vais pas vraiment laisser tomber le vélo cet hiver. J'ai vraiment hâte ! Je vais probablement aller faire un stage avec Destry Abbott et rouler avec lui. J'en ai fait un juste après l'épreuve d'EnduroCross d'Everett ; il avait une place et je me suis inscrit avec les Wilton. La fin de semaine suivante, j'ai fini troisième chez les hommes, alors ça a dû m'aider ! Merci d'avoir pris le temps de jaser avec nous, Shelby ! Nous sommes ravis de ta récente victoire au championnat et de ton année exceptionnelle. Félicitations ! Merci. J'espère qu'il y en aura d'autres.

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