Retrouvailles avec Shawn Maffenbeier

Retrouvailles avec Shawn Maffenbeier

12 octobre 2017

par Dawn McClintock Photos de James Lissimore Être sélectionné pour faire partie de l'équipe canadienne du Motocross des Nations est sans doute l'une des plus grandes réussites qu'un pilote puisse obtenir : la chance de représenter son pays devant le monde entier. Pour Shawn Maffenbeier, originaire de la Saskatchewan, il s'agit de sa deuxième année au sein de l'équipe canadienne, dans la catégorie MX2. Nous avons rencontré Shawn après une semaine intense de construction de pistes et d'entraînement en aranacross. La passion de Shawn pour ce sport est inépuisable. Écoutons ce qu'il nous a confié sur son expérience au sein de l'équipe lors du Motocross des Nations de cette année, qui s'est déroulé en Angleterre. Salut Shawn. Content de te revoir. T'as déjà fait des affaires cool ce week-end. Qu'est-ce qu'on entend dire à propos de la construction de pistes d'arenacross ? Oui, Stu McQueen m'a contacté (c'est lui qui gère la piste de Whispering Pines ici à Kamloops). Il m'a téléphoné et m'a dit qu'il allait construire une piste d'arenacross et organiser des stages. Alors je l'ai aidé à la construire et Jess Pettis et moi avons organisé un stage samedi. C'était super et il y en a un autre le week-end prochain. Alors, quand es-tu arrivé en Angleterre pour MXON ? J'ai quitté le dimanche précédent et suis arrivé en Angleterre le lundi matin. Je m'y perds toujours parce qu'on perd et on gagne toujours un jour en avion. Par exemple, j'ai quitté le Canada le dimanche et j'ai arrivé le lundi matin. Vous aviez un logement plutôt cool pendant votre séjour en Angleterre. Il était assez proche de l'endroit où vous deviez faire les tests ? Le trajet était un peu long. Il fallait compter une heure et demie pour aller sur la piste d'essai, mais j'ai l'impression que partout en Angleterre, les trajets sont toujours longs. Il y a tellement de ronds-points et la conduite est assez chaotique. Le trajet pour aller rouler était un peu long, mais l'hébergement au château était vraiment super cette année. C'est agréable d'être tous ensemble et de profiter de cet esprit d'équipe. Avez-vous eu suffisamment de temps pour vous adapter au changement d'heure ou est-ce que ça s'est fait directement dans le bain ? Je ne sais pas si on finit par vraiment s'y habituer. Il faut presque y être pendant des mois. Le jeudi ou le vendredi avant l'événement, je dormais enfin une nuit complète. De 22 h, ou au moins minuit, jusqu'à 6 h ou 7 h du matin. Avant ça, en semaine, je me couchais vers 22 h ou 23 h et je me réveillais vers 2 h ou 3 h du matin. Je restais bien éveillé pendant une heure ou deux, puis j'essayais de grappiller quelques heures de sommeil avant de me lever à nouveau. Je dirais qu'à l'arrivée de la fin de semaine, je m'étais adapté autant que possible. Quelle a été votre première impression en le voyant en personne ? J'ai vu une vidéo avec Deano qui mentionnait que les sauts étaient vraiment énormes, et on ne sait jamais trop quoi penser en regardant une vidéo. Quand on est arrivés, on s'est dit : « Wow, cette piste est immense et technique, digne des pros ! On sentait qu'elle avait été conçue avec soin et qu'elle allait être incroyable. Et effectivement, dès mes premiers tours, j'ai été soufflé : je n'avais jamais vu des sauts aussi hauts à l'extérieur ni roulé sur une piste aussi géniale. Quand elle était sèche, je crois que mes temps au tour étaient d'environ 2 min 30. Tous ceux qui ont vu des photos ou des vidéos savent qu'elle serpente d'un bord à l'autre de la vallée. C'est vraiment une piste de rêve. Comment cela s'est-il comparé à l'événement de l'an dernier en Italie ? Je dirais que ce circuit convenait mieux au style de conduite américain. Il était un peu plus rapide et offrait plus de vitesse. Comparé au circuit italien de l'an dernier, il était assez technique à certains endroits. Il m'a d'ailleurs beaucoup rappelé le Québec. Les circuits sont légèrement différents de ce point de vue. Quant à l'événement, il était tout aussi incroyable qu'en Italie, que ce soit au niveau des fans ou de l'ambiance. C'est assez difficile de les comparer directement à cause de la météo du dimanche. Je dirais qu'ils sont très similaires. Personnellement, j'ai préféré le circuit cette année. Nous avons reçu un accueil formidable pour vos équipements FXR Canada personnalisés. Quelles ont été les réactions des gens ? C'était pareil, tout le monde a remarqué le soin apporté aux détails. Même pendant la semaine d'entraînement, les gens s'extasiaient : « Wow, regarde ce chandail ! » Le niveau de détail, le temps et les efforts investis dans mon équipement étaient incroyables. Ça n'est pas passé inaperçu ; toute la fin de semaine, on me le faisait remarquer petit à petit, et je pense que c'était l'un des meilleurs équipements présents. Vous avez assurément acquis un plus grand respect pour certains de ces pilotes de GP qui s'affrontent constamment sur ces circuits difficiles en Europe. Avant la compétition, on savait que les Européens seraient redoutables dans la boue, compte tenu des conditions climatiques en Europe. Mais je ne pense pas qu'on ait vraiment saisi leur potentiel, même du côté américain. Je crois que personne n'avait vraiment réalisé à quel point ils étaient bons dans la boue. En regardant la dernière manche, avec Tyler et Colt sur la piste (et bien sûr tous les autres pilotes), j'ai été impressionné par leur technique, leur capacité d'adaptation et leur maîtrise des conditions. Là-bas, leur style de conduite est complètement différent. Oui, exactement, et ce n'est même pas seulement le cas des meilleurs, c'est que sur tout le peloton, les Européens sont tellement forts dans ces conditions. J'ai regardé des compétitions AMA et canadiennes dans la boue, et c'est bien différent de ce à quoi on est habitués. La bouette vous posait visiblement un vrai problème. Vous aviez enlevé vos lunettes de protection. C'était dur. La bouette, c'était une chose, mais cette buée constante sur les lunettes, c'était vraiment la galère. J'ai dû changer de lunettes pour les deux manches et, honnêtement, au final, certains en ont acheté, d'autres non. Si elles tenaient deux ou trois tours, tant mieux. Je me disais : « Fais gaffe, prends des lunettes. « Mais bon, les lunettes ne tiennent qu'un ou deux tours et il faut déjà repasser les pilotes qu'on était devant. Du coup, on se demande si ça vaut vraiment le coup. C'était vraiment compliqué, mais honnêtement, je pense que tout le monde était dans le même bateau. Les meilleurs, ceux qui ont pris les devants dès le début, n'ont peut-être pas eu ce problème. C'était fou, tout le monde avait enlevé ses lunettes. Même après quelques entrevues, Osbourne disait : « J'ai cligné des yeux et une roche m'a touché la paupière. » J'ai trouvé ça fou, et moi aussi. Il y avait des moments où je me faisais bombarder le visage de roches et de terre, et je me disais : « Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? » Mais au fond de moi, je me disais : « Je dois tout donner pour mon pays, là, tout de suite. On a parcouru un long chemin, et on fait de son mieux pour trouver le juste milieu, en se disant : « Je n'ai pas besoin de me prendre une pierre dans l'œil, mais essayons de dépasser ce gars par d'autres moyens. » …Ou alors, vous vous retrouvez avec un gars comme Covington sur le dos ! Mais qu'est-ce qui s'est passé, au juste ? J'ai pris un mauvais départ dans cette manche, du coup je me suis retrouvé en queue de peloton. J'essayais tant bien que mal de remonter quelques gars au premier tour, quand je suis arrivé sur une butte et j'ai réalisé qu'il avait le dos tourné vers la piste. Je me suis dit : « Mon Dieu, j'ai nulle part où aller ! » et je lui ai foncé dessus. Finalement, je ne crois pas qu'il m'en ait voulu. Moi non plus, mais il était pris sur ma moto, alors j'ai dû la soulever pour qu'on puisse repartir. À quoi ressemblait la dynamique d'équipe dans le paddock canadien ? C'était bien. Je veux dire, je n'avais pas à affronter Colton ou Tyler tout l'été, donc ça m'a facilité la tâche pour m'entendre avec eux. Au contraire, je leur ai parlé tout l'été pour m'assurer de progresser en course. C'était vraiment bien. Même Colt et Tyler s'entendaient super bien. On avait tous la même mentalité et on voulait tous s'entraider. Ce n'était pas du genre : « Oh, tu roules sur une Honda ou une Yamaha », on était là pour représenter le Canada. C'était vraiment gentil de ce point de vue-là. Mon mécanicien était là et il était prêt à donner des conseils à tout le monde, et même Digger était là et il m'aidait autant qu'il aidait Colton. Donc oui, l'ambiance était vraiment géniale. C'est vraiment comme ça que ça devrait être. Il faut absolument être là pour vivre l'expérience en personne avec les fans. Avez-vous eu beaucoup l'occasion d'échanger avec eux ? Même si on fait beaucoup de choses, je ne pense pas que le Canada attire autant de fans que Herlings ou Carioli. Ils traversent les kiosques comme des vedettes, suivis par des enfants. Moi, je marche à leurs côtés et personne ne nous suit, mais beaucoup plus de gens nous respectent depuis nos performances ces dernières années. Je pense qu'on commence tranquillement à se bâtir une base de fans en Europe. Bien sûr, la 13e place n'a rien de déshonorant. Ça a pris beaucoup de courage pour y arriver. Et vous, qu'avez-vous ressenti après la journée ? Honnêtement, je pense qu'en tant qu'équipe, on pensait faire mieux que nos 10ième Par rapport à l'année dernière. Quelques petits incidents se sont produits : des lunettes qui se sont détachées, des cailloux dans les yeux. J'ai même vu Colt s'arrêter une fois dans la dernière manche, tellement il avait de la boue dans les yeux. Je me suis dit : « Oh là là, c'est vraiment la galère ! Compte tenu des conditions boueuses et des difficultés rencontrées, on était contents du résultat. Après samedi, j'étais très optimiste quant à nos qualifications et je pensais qu'on avait de bonnes chances de battre le 10e.ième L'endroit nous convenait, mais on voulait évidemment mieux. Vous incarnez en quelque sorte les valeurs de la Saskatchewan ici, depuis l'époque où Blair Morgan était capitaine de l'équipe pendant tant d'années. Serais-tu prêt à affronter Red Budd l'an prochain si l'occasion se présentait ? Oui, bien sûr. C'est drôle, j'ai passé une entrevue il y a deux jours et ils m'ont posé des questions sur mes coéquipiers, etc. J'ai répondu : « Ouais, je crois qu'ils l'ont fait six fois et c'est ma deuxième fois. » Je leur ai dit que mon but était d'en faire autant qu'eux. Si je pouvais y aller chaque année pendant les cinq prochaines années, je le ferais sans hésiter. C'est un immense honneur. Compte tenu du calendrier, il y a cinq semaines cette année entre notre dernière compétition nationale et celle-ci. Il est donc difficile de maintenir le cap et ça représente beaucoup de travail supplémentaire pour tout le monde : équipementiers, graphistes, mécaniciens, tout le monde, surtout après une année chargée. Le fait que l'événement ait lieu à proximité l'année prochaine est un peu plus attrayant. C'est sûr pour les États-Unis et pour nous aussi. Tout est plus familier. Pas besoin d'expédier les vélos, pas besoin de s'inquiéter de trouver un véhicule. Ce sont juste des petites choses qui, mises bout à bout, font toute la différence. Et vous verrez beaucoup plus de drapeaux canadiens flotter lors de cet événement. Je suis d'accord. Quel a été le point culminant de l'événement pour vous ? Honnêtement, avant cette course, je savais comment j'avais performé l'an dernier en tant que pilote MX2, et ça m'a vraiment ouvert les yeux. Après la saison que j'ai vécue, je savais que je voulais faire mieux. Au moins, c'est ce que je recherchais. Évidemment, terminer 11e a été un moment fort pour moi.ième Lors de ma qualification pour la MX2, j'avais l'impression que j'aurais pu faire encore mieux. J'étais vraiment très content après ça. Je savais qu'on devait tous faire une bonne qualification pour se rendre à la finale A. Je savais qu'une place autour de la 11e position était cruciale.ième Ça allait nous permettre de nous qualifier. C'était un moment fort pour moi. C'était vraiment important. J'étais content. Le simple fait de pouvoir retourner à l'étranger pour représenter notre pays. J'ai l'impression que cette course nous apprend énormément. On est tellement mal à l'aise. Rien n'est normal dans cette course : la grille de départ, les qualifications, les deux jours de course… Il faut aborder la compétition avec un esprit totalement ouvert, sans se soucier du déroulement des choses, car il y a tellement de variables différentes auxquelles on n'est pas habitué et dont on ne sait pas si on pourra les contrôler. Aviez-vous des plans pour la saison morte ? En gros, je me suis lancé à fond dans l'arenacross. J'essaie de rattraper mon retard. Ces deux derniers mois, je me suis concentré uniquement sur le MXON. Maintenant, je me tourne vers l'arenacross, donc c'est ce que je vais faire. Merci d'avoir jasé avec nous et merci de représenter le Canada. Ça nous a beaucoup touchés ! Pas de problème. J'apprécie le soutien que chacun nous a apporté.  

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